LETTRE DE MONSEIGNEUR TERRENCE PRENDERGAST, S.J. AUX FIDÉLES DE L'ARCHIDIOCÈSE D'OTTAWA À L'OCCASION DU CARÈME 2008

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Accepteriez-vous de marcher avec moi sur le chemin qui mène à la sainteté durant ce carême qui commence le Mercredi des cendres, le 6 février?

L’invitation que je vous fais n’est pas aussi audacieuse qu’elle peut sembler l’être. L’Église enseigne que chacun de ses membres est appelé à la sainteté par son baptême. La sainteté n’est pas uniquement pour quelques élus, mais la sainteté est pour tout le monde.

Sainteté pour chacun, chacune

Dans ses écrits, saint François de Sales rappelle que, pour arriver à la sainteté, il y a plusieurs différentes manières, tout dépend de ce que nous sommes et de notre état de vie.

Cependant la sainteté est pour tous : l’intellectuel, le concierge, l’agente de placements, le commis de bureau, la politicienne, l’enseignant… Que vous soyez veuf ou veuve, adolescent, parents de jeunes enfants, prêtre, religieux ou religieuse, la sainteté est possible pour vous.

Plusieurs moyens s’offrent à nous pour accéder à la sainteté; il nous reste à choisir parmi ceux qui nous conviennent, en tenant compte de nos talents, des défis à relever et de nos responsabilités individuelles.

Le carême met à notre disposition trois moyens traditionnels pour cheminer vers Dieu : la prière, le jeûne et l’aumône (Matthieu 6, 1-20).

La prière

La prière par excellence est bien l’Eucharistie. Tous devraient s’efforcer de renouveler leur engagement de participer à la messe du dimanche, convaincus que la messe est au cœur de leur vie de foi. Pourquoi ne pas participer à la messe quotidienne ou méditer la Parole de Dieu dans la liturgie du jour et ainsi prolonger le Jour du Seigneur? La prière du matin et du soir, le bénédicité aux repas et les autres dévotions, comme prier le chapelet en méditant les mystères du rosaire, le chapelet à la divine miséricorde et le chemin de la croix sont d’autres expressions d’une foi vivante et reconnaissante envers Dieu pour tous ses bienfaits.

Là où la chose est possible, l’adoration eucharistique – un bon nombre de nos paroisses offrent l’exposition du Saint Sacrement à un moment déterminé toutes les semaines, tandis que d’autres paroisses ouvrent l’église durant le jour pour permettre la visite au Saint Sacrement – c’est un des moyens d’approfondir notre amour pour le Seigneur dans l’Eucharistie. Chance aussi d’en venir à découvrir sa volonté dans nos vies.

Le jeûne

Le jeûne et l’abstinence sont encore et toujours un élément important de la vie chrétienne. Les catholiques sont appelés à s’abstenir de viande le Mercredi des cendres et les vendredis du carême, et à jeûner (prendre un seul repas complet) le Mercredi des cendres et le Vendredi saint. Ces sacrifices expriment notre désir de conversion au début du carême (Mercredi des cendres), et notre gratitude au Seigneur qui donne sa vie pour nous (les vendredis, surtout le Vendredi saint).

D’autres sacrifices traditionnels, tels que s’abstenir de sucreries, de boissons alcoolisées, de tabac durant le carême, aident à faire des actes personnels de conversion, un symbole de notre désir de nous détourner du péché et de croire à la Bonne Nouvelle.

L’aumône

L’argent épargné par le biais de ces sacrifices permet de faire l’aumône, d’être particulièrement attentif aux démunis de nos milieux, de contribuer au programme d’aide sociale de la paroisse et à la campagne du Carême de partage pour les pauvres du monde, sous la direction de Développement et Paix, le programme de justice sociale parrainé par les évêques du Canada.

Se confesser

Un des plus courts chemins vers la sainteté est le Sacrement de la réconciliation. L’Église demande aux catholiques qui sont conscients d’avoir commis un péché grave, de faire une confession au moins une fois par année.

La confession de son péché au prêtre durant cette sainte saison du carême est pour tous et toutes une occasion de croissance spirituelle, occasion aussi de prendre une plus grande part aux souffrances, à la mort et à la résurrection du Christ. Ainsi renouvelés, nous pouvons recevoir dignement la sainte communion durant le Temps pascal.

Que le Seigneur soit notre compagnon sur la route du carême qui nous mènera à la célébration du mystère de Pâques «dans la joie d’un cœur purifié» (Préface 1 du Carême).

Sincèrement dans le Christ,

+Terrence Prendergast, s.j.
Archevêque d’Ottawa