Tout indique quon annoncera sous peu une décision de la Cour suprême au sujet du mariage de partenaires de même sexe. Au moment où les juges rencontraient les avocats du gouvernement, ils ont demandé pourquoi cette question était portée à lattention de la Cour suprême alors quelle devait faire lobjet dun débat au Parlement. Pour ma part, je souhaite vivement que la majorité des juges adopte ce point de vue. Ce qui ramènerait le débat en droite ligne au niveau de notre population; cest elle qui devrait prendre parti. Dans son projet de loi, le gouvernement a fait référence aux principes déquité, dautonomie et de liberté de choix. Il a proposé dabolir les distinctions entre couples hétérosexuels et partenaires de même sexe, en vue de permettre à ces derniers davoir accès à un statut marital officialisé par la loi. Nous ne croyons pas que la dignité humaine est en cause quand il sagit daccéder à un statut spécifique, comme dans le cas présent. Les partenaires de même sexe ne peuvent prétendre que leur dignité exige absolument laccès à un statut spécifique, le mariage dans le cas présent. Il ne faut pas confondre une différence de statut et une question dégalité. Par exemple, les personnes non autochtones ne peuvent prétendre subir une discrimination pour la simple raison quelles ne peuvent pas obtenir le statut dautochtones. LÉtat ne doit pas confondre légalité avec luniformité en proposant tout simplement quon remplace lune par lautre. Éliminer la discrimination ne conduit pas à uniformiser; une telle démarche exige de respecter la diversité et les différences. La société devrait reconnaître la valeur de la diversité. Refuser détablir les distinctions nécessaires mène à la confusion et contribue à dévaluer la diversité. On ne fait pas preuve de discrimination quand on aborde des réalités différentes de manière différente. Lunion de partenaires de même sexe et le mariage constituent deux réalités différentes. Fait-on erreur quand on accepte ces différences ? Pourquoi faudrait-il essayer déliminer cette diversité naturelle? Certains partenaires de même sexe ont prétendu quil est discriminatoire de leur refuser laccès au mariage; en fait, cest le contraire qui est vrai. Si on modifie la définition du mariage pour inclure les partenaires de même sexe, on va introduire une discrimination à lencontre du mariage traditionnel; on va priver celui-ci de sa reconnaissance sociale et juridique en tant que fondement tout à fait unique et irremplaçable de la société. Même si une relation homosexuelle peut être considérée comme spéciale, elle ne comporte pas les mêmes objectifs que le mariage. On pourrait trouver dautres manières dappuyer et de reconnaître des unions stables de nature homosexuelle ou non sexuelle. Dans certains pays européens, on a légiféré à propos d « unions civiles » ou de « cohabitation »., sans toutefois les qualifier de mariages. Nous devons nous rappeler que les personnes avec une orientation homosexuelle sont des êtres humains. Il faut leur reconnaître tous les droits et tout le respect dont bénéficie toute personne humaine. Si ces gens vivent en couple avec une autre personne, il faut que cette relation bénéficie des droits et privilèges accordés à toute relation stable. Par contre, cette relation ne doit pas porter légalement le nom de mariage. Je souhaite que la Cour suprême ne se prononce pas sur le fond de cette question. Ce sera alors le devoir de notre gouvernement de consulter la population. En temps et lieux, nos législateurs exerceront leur responsabilité à loccasion dun vote libre. |