MESSAGE DE PÂQUES 2005

À l'époque de Jésus, la majorité des Juifs croyaient déjà à la résurrection des morts à la fin des temps. C'est cet espoir qui leur donnait la capacité d'endurer toutes sortes d'atrocités. La mère des frères Maccabées (2 Maccabées 7) est un exemple de l'incroyable bravoure et courage qui surgissent de l'espoir en la résurrection des morts. La foi en la vie après la mort est une grande motivation qui peut permettre d'endurer presque toutes les souffrances, quel qu'en soit le degré, comme c'est le cas pour la mère des Maccabées qui a assisté à la mise à mort de ses fils.

La résurrection du Christ tient en elle-même cette promesse inégalée – récompense, sanction et retour à la vie – mais à un tout autre niveau. La problématique de notre vie sur la terre ne tient pas seulement dans la générosité non récompensée ou dans le péché demeuré impuni, mais vient aussi des questions sans réponses: Dieu lui-même a-t-il eu raison de créer un univers où nous sommes présents? Cette terrible et merveilleuse création en vaut-elle la peine? Les vilains péchés des gens et la nature même de la création qui se détériore sont-ils dignes de Dieu?

L'acte de création était un acte de séparation de Dieu; la résurrection en sera un d'union avec Lui. En ressuscitant Jésus d'entre les morts, Dieu s'est uni à l'humanité, à notre monde et à l'univers. Avec la résurrection, nos doutes seront effacés et nous réaliserons que Dieu avait raison. Nous en valions la peine! À Lui la victoire! Nous sommes au cœur même de cette célébration avec Lui. La résurrection de Jésus fait de cet univers, ce monde, cette humanité qui est la nôtre, un acte merveilleux qui doit être célébré de toute éternité.

Il ne sera pas à côté de nous, ni dans les environs, mais nous serons en Dieu et Lui sera en nous. Dieu sera tout en tout. C'est la raison pour laquelle je vous souhaite Joyeuses Pâques! Alléluia!


L'archevêque d'Ottawa,

+ Marcel Gervais