EXPERT RELIGIEUX

Depuis cinq ans déjà, notre archevêque, Mgr Marcel Gervais, s'exprime sur une variété de questions liées à la foi. Ces textes ont d'abord été publiés dans le Ottawa Citizen sous la rubrique «Ask the religion experts» . Ils sont traduits par M.l'abbé Jacques Faucher. À compter du mois de juin 2005, Mgr Patrick Powers, Vicaire général, assumera cette responsabilité.



La religion a longtemps incité les gens à commettre de terribles actions, souvent envers des membres des autres religions. Qu’est-ce qui explique ce côté sombre de la religion?

À divers moments, ceux qui ne partageaient pas certaines ou même toutes les croyances d’une religion donnée étaient exclus par celle-ci. Ce manque d’échange et de dialogue a souvent mené à des positions absolues qui, à leur tour, ont mené à des actes de violence et de méchanceté enracinés dans l’intolérance. Notre archevêque parle souvent de la tendance à ‘démonétiser nos ennemis’. Nous ne devrions pas oublier ceci. Il est vrai qu’une certaine intolérance s’est manifestée à travers notre histoire, suscitant chez nous des sentiments de honte et de regret, mais, il y a toujours espoir.

De plus en plus, des leaders de diverses religions, animés par l’Esprit, ont témoigné de leur recherche de paix. Les initiatives du pape Jean-Paul II en ce sens m’ont beaucoup touché. Ses aveux de regrets et ses gestes d’affection ont été chaleureusement reçus par les leaders des autres religions. Nous nous rappelons les nombreux chefs religieux qui se sont joints à lui dans la prière à Assise, prêtant une oreille attentive aux autres. Un des fruits de cette initiative fut le document ‘Redemptor hominis’ dans lequel le Saint-Père mettait de l’avant un élément important des relations inter-religieuses: le discernement de l’Esprit à l’oeuvre parmi les adeptes des autres religions.

En résumé, il nous semble que, laissés à nos propres ressources, sans l’appui de l’Esprit, nous devenons isolés, menacés, apeurés et possiblement violents. Toutefois, avec l’Esprit, nous sommes capables d’un dialogue serein, respectueux et empreint d’ouverture, avec ceux et celles qui adhèrent à d’autres croyances que les nôtres. C’est ce même Esprit qui a mené le pape Jean- Paul II à nous inviter tous et chacun, lors de la Journée du Pardon le 12 mars 2000 à l’occasion de l’année du jubilé, à ‘nous repentir pour l’acceptation tacite accordée à l’intolérance voire même à la violence durant certains siècles’

Alors, c’est en nous laissant porter par l’Esprit, don gratuit qui nous est fait, que nous pourrons éviter les erreurs du passé et demeurer ainsi fidèles à la prière du Christ, que nous ne soyons qu’un. (re: Jn 17,21)