La philosophie occidentale a mis laccent sur lautonomie de lindividuelle encourage chacun à penser par soi-même. Quest-ce que votre tradition religieuse enseigne touchant la liberté de chaque membre de se dissocier des énoncés de la foi reçue et à propos des conséquences dune telle décision? « Lautonomie de lindividu » a ses limites. Laissé à notre initiative personnelle, aucun de nous ne peut se créer, ne peut se donner la vie sans une mère, ne peut se nourrir, ne peut grandir sans relation avec autrui. Tout au long de notre vie, nous devons reconnaître notre dette à légard des autres. Que cela nous plaise ou pas, nous sommes par nature des êtres sociaux. Ceci étant établi, il nen découle pas que nous devons imiter tous les autres et suivre lexemple dautrui à la manière des automates. Évoquons ici les jeunes filles qui se promènent le nombril à lair suivant la mode de Britney Spear; voici un cas dobéissance aveugle qui nest pas à recommander. Suivre linstinct du troupeau ne constitue pas un modèle à promouvoir, pas plus dans le domaine des idées que dans celui de la mode. Il existe une expérience partagée nommée en latin « consensus fidelium », cest à dire laccord dans la foi partagée par les croyants. Ce consensus vécu par les croyants touche lensemble des données de foi qui sont partagées dans la communauté. Permettez-moi de comparer ce consensus à une bonne vieille chaise confortable à laquelle nous sommes attachés. Dans le domaine de la foi, la nouveauté (même parée des meilleures intentions) ne trouve pas facilement preneur. Les idées nouvelles ont besoin de faire leurs preuves, détape en étape, au niveau de lacceptation. Un exemple de ce processus dévolution nous est offert dans le domaine de linterprétation de lÉcriture sainte dans lÉglise. Ce quon avait rejeté en 1898 fut promulgué comme une doctrine authentique au Concile Vatican II en 1965, suite à de longs et sérieux débats. LÉglise reconnaît volontiers la liberté des religions; cette reconnaissance sétend implicitement à la pensée religieuse. Évoquons un autre exemple : les idées de Teilhard de Chardin ont rencontré à la fois de lacceptation partielle et un refus partiel durant de longues années. Puis vint une sorte dexpérience dosmose qui éleva ces orientations de pensée au niveau dun enseignement acceptable. Si un croyant rejette de propos délibéré, en pleine connaissance de cause, un article du Credo des apôtres, il se place en dehors de la communion de foi. Sil sagit dune contestation touchant des points de moindre importance, on sexpose à des sanctions moindres ou à aucune peine. |