EXPERT RELIGIEUX

Notre archevêque, Mgr Marcel Gervais, s'exprime sur une variété de questions liées à la foi. Ces textes ont d'abord été publiés dans le Ottawa Citizen («Ask the religion experts» - une question pour les experts religieux). Ils ont été traduits par M.l'abbé Jacques Faucher.



Notre société canadienne devient de plus en plus multi ethnique. Il en résulte que nos cérémonies officielles au plan national et politique peuvent très difficilement avoir un caractère inclusif. Des événements comme l’ouverture du Parlement ou la commémoration du Jour du Souvenir devraient-ils prendre un visage non religieux?

La question paraît étrange! Nous parlons tous des langues différentes; il est difficile de les inclure toutes en organisant des événements publics. Faut-il pour autant éliminer entièrement la langue parlée ? Nos pourrions fredonner des hymnes et murmurer des sons pour indiquer qu’aucune langue ne reçoit un traitement de faveur. Il serait peut-être mieux d’éviter de favoriser tout costume national distinct. On pourrait imaginer des assemblées publiques où chacun se présenterait en costume d’Adam. À bien y penser, pour régler ce problème, ces assemblées pourraient avoir lieu sans aucune participation populaire. De cette façon, personne ne serait exclu pour la simple raison que personne ne serait inclus.

Il paraît facile d’argumenter une proposition jusqu’au bout de sa conclusion illogique… En réalité, quand on décide de faire quelque chose de signifiant, reflétant ce que nous sommes, le défi devient un peu plus compliqué, mais il n’est pas impossible de le relever. Nous formons un pays, nous avons une histoire; en général, nous adhérons à des valeurs chrétiennes. Beaucoup de choses ont changé; mais les sondages rappellent que la grande majorité de la population croit en Dieu. La plupart des gens croient dans la résurrection des morts, un article fondamental au cœur de la foi chrétienne. À l’occasion d’un service religieux reflétant ce que nous sommes, il paraît clair qu’une orientation chrétienne devrait inspirer l’ensemble de la programmation.

Si les choses s’avéraient différentes dans notre démocratie, si, par exemple, la population d’ici était majoritairement musulmane, il s’en suivrait qu’il faudrait donner une orientation d’ensemble musulmane à nos services religieux.

Dans l’état actuel des choses – ou même si la situation change- il va de soi que la courtoisie nous invite à faire place à la présence d’autres traditions religieuses. Mais ceci n’implique pas qu’il faut tenter de représenter toutes les religions. Nos services sont habituellement déjà assez longs; ne perdons pas de temps à tenter d’imaginer un plan garantissant que chaque tradition religieuse soit dûment représentée quand nous prions.