Il est arrivé récemment que des gens se sont opposés à louverture dune clinique de méthadone dans leur immeuble. Quest ce que votre groupe religieux enseigne touchant labus de substances toxiques? La société a-t-elle le devoir daider les personnes qui sont aux prises avec diverses dépendances? Identifions ici trois problèmes : la prudence, la dépendance, la compassion. En premier lieu, la prudence : toute personne a le droit et le devoir de veiller à ce que sa famille jouisse de la sécurité dans son entourage. Sil était question douvrir une clinique de méthadone dans limmeuble où jhabite, je serais en droit de faire enquête afin de massurer que des toxicomanes ne jouissent pas dun libre accès à cet immeuble sans supervision adéquate. Je voudrais absolument avoir la sécurité de base pour me permettre à moi et à ma famille de dormir paisiblement chaque soir. À défaut dobtenir cette garantie, je serais dans mon droit de mopposer à louverture de cette clinique dans mon immeuble. La dépendance constitue une chose terrible. Beaucoup prétendent quil sagit bien dune forme de maladie grave, tout à fait contraignante pour la personne affligée. À moins que les toxicomanes acceptent de reconnaître le fait quils sont malades, il ny a pas moyen denvisager une guérison. Les toxicomanes vivent plongés dans la malhonnêteté. La disposition fondamentale qui ouvre la voie de la guérison en est une dhonnêteté. Ces personnes ont besoin de faire face à la réalité. Dans la plupart des cas, ceci implique que ces personnes devront faire lexpérience de dégringoler à zéro avant dêtre capables de reconnaître en toute vérité quelles ne peuvent exercer aucun contrôle sur les substances qui les affligent. Il savère essentiel que ces gens éprouvent le sentiment de leur totale impuissance devant ce fléau. Le jour où ils commenceront à demander de laide à Dieu et à dautres personnes, la guérison samorcera. Cest à ce prix seulement que ces gens seront capables de commencer à retrouver leur dignité. « La vérité fera de vous des personnes libres » (Jean 8 :32). La compassion enfin demeure nécessaire non pas celle qui glisse vers la sympathie ou la pitié à légard dune victime. Je parle dune forme de compassion lucide au sens strict une attitude essentielle. La plupart des toxicomanes peuvent recevoir cette compassion en prenant contact avec lassociation des Alcooliques anonymes (AA) qui offre un programme en 12 étapes. Une compassion molle ne sert quà encourager les toxicomanes à continuer dabuser des substances qui ont causé leur perte. |