EXPERT RELIGIEUX

Notre archevêque, Mgr Marcel Gervais, s'exprime sur une variété de questions liées à la foi. Ces textes ont d'abord été publiés dans le Ottawa Citizen («Ask the religion experts» - une question pour les experts religieux). Ils ont été traduits par M.l'abbé Jacques Faucher.



Le gouvernement de l’Ontario élu récemment a promis d’éliminer le crédit d’impôt accordé aux écoles privées; un bon nombre de ces établissements sont des écoles religieuses. Quelle est votre opinion à ce sujet?

Les catholiques ont toujours défendu la position que les parents ont le droit de choisir pour leurs enfants une éducation fondée sur les valeurs et la philosophie des familles. En même temps, les parents ont l’obligation de veiller à ce que cette éducation en soit une qui contribue au progrès de l’enfant et au bien commun de la société.

Nous estimons que c’est le devoir de la société d’appuyer le choix éclairé des parents, chaque fois que c’est possible, en offrant une aide financière pour rendre possible ce choix.

D’autre part, nous croyons aussi que l’État doit conserver la capacité de vérifier si l’enseignement offert rencontre certains standards. Ces standards se doivent de refléter adéquatement les croyances et les besoins fondamentaux de la société. Cette approche touche également plusieurs autres domaines de la gouvernance politique. Il s’agit de répondre à une situation où il faut trouver le juste équilibre entre des droits et des obligations complémentaires. Quand on définit les arrangements pratiques touchant le financement public (à la fois direct et indirect) ainsi que le respect des normes d’enseignement, on entre à proprement parler dans le domaine de la politique. Nous croyons qu’il est possible, dans le champ de l’éducation, d’enrichir le bien commun en cherchant à équilibrer le choix des parents et les exigences de la société.

En Ontario, les écoles catholiques ont des droits fondamentaux qui trouvent leur origine dans les textes de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique. Ces écoles bénéficient maintenant d’un financement complet, tout comme les écoles publiques. En Ontario, nos écoles catholiques ne sont pas des écoles privées. Sachant que la jeunesse catholique jouit d’un régime scolaire offrant un financement public, nous trouvons de ce fait une raison additionnelle d’appuyer les crédits d’impôt accordés dans les cas d’inscriptions d’élèves à l’école privée.