EXPERT RELIGIEUX

Notre archevêque, Mgr Marcel Gervais, s'exprime sur une variété de questions liées à la foi. Ces textes ont d'abord été publiés dans le Ottawa Citizen («Ask the religion experts» - une question pour les experts religieux). Ils ont été traduits par M.l'abbé Jacques Faucher.



Dans votre tradition religieuse, fait-on un lien entre écologie et spiritualité?

Nous sommes tous influencés par notre environnement, en tant qu’individus et aussi collectivement. Cette question touche l’avenir de notre planète, notre patrie commune; chacun devrait s’y intéresser. La création constitue la première révélation où Dieu se fait connaître; elle nous est confiée, au livre de la Genèse (1 : 26-28). Notre responsabilité y est décrite, à titre de gardiens. Nous y sommes invités à soumettre la terre et à la dominer. Ces mots ne signifient pas « profitez-en à votre gré ». Le commandement divin nous invite à être consciencieux, à prendre fièrement notre responsabilité dans ce domaine, à exercer cette tâche avec soin et discernement.

À titre de gardiens, il nous revient de nous demander quelles actions il nous faut entreprendre pour exercer une telle responsabilité. Au plan individuel, nous pouvons commencer en utilisant les moyens à notre portée. Enseignons à nos enfants d’avoir un grand respect pour la création et d’agir en conséquence. François d’Assise, le saint patron de l’environnement, exprimait son émerveillement devant la beauté de la création; cette attitude, nous souhaitons l’inculquer à nos jeunes. En tant qu’adultes, il nous faut prêcher par l’exemple. Il nous revient d’agir de manière exemplaire, si nous désirons que nos enfants évitent de répandre des déchets, de provoquer la pollution du sol et de l’eau. Notre exemple les inspirera à recycler, à réutiliser, à embellir, à employer des produits respectueux de l’environnement. Les gouvernements, les entreprises et les autres groupes doivent également assumer leur par de responsabilité.

Enfin, il nous revient de considérer les implications théologiques de cette question. Notre foi nous fait un véritable devoir de trouver des solutions à nos problèmes écologiques. Tout en reconnaissant ce qu’il y a d’admirable dans notre manière d’agir en société – ce qu’il faut préserver – nous devons également identifier nombre d’attitudes à transformer dans notre culture d’abondance et de consommation effrénée. Comme le rappelait le pape Jean Paul II en 1990 dans son message pour la Journée mondiale de la paix, « la société moderne ne trouvera pas de solution au problème de l’environnement à moins de réfléchir sérieusement à son style de vie ».