On se représente souvent les Églises comme des organismes hiérarchiques. Comment peut-on décrire la structure de votre groupe religieux? Le plus souvent, notre Seigneur décrit son Église à partir dimages basées sur la famille et les relations communautaires. Nos relations vis-à-vis Dieu sont fondées sur les relations qui unissent parents et enfants. Quant à nos relations avec les autres membres de lÉglise, elles sont de lordre des relations unissant frères et surs, ou celles de gens vis-à-vis leurs voisins. Le mot « communion » demeure le plus approprié pour décrire la structure idéale dune Église il sagit dune communauté de membres partageant une même foi. Dans lÉglise primitive, on utilisait le mot « fraternité » pour exprimer cette forme de communion. (Dans notre français contemporain, quel serait le mot le plus approprié?) En retenant les mots mêmes de Jésus, nous sommes tous des frères et des surs, des mères et des pères les uns par rapport aux autres dans une telle communauté (Marc, 10 : 29-30). Dune part, toute organisation qui ne reconnaît pas le besoin dune forme de hiérarchie court à sa perte. Notre Seigneur a souligné que le leadership constituait une dimension très importante (et par là-même dangereuse) de son Église. Il porta beaucoup dattention au choix des Douze. (Luc 6 : 12-16) Il rappela à ses apôtres plusieurs avertissements touchant labus de leur leadership (Mathieu 23) Il se produisit des abus, et à plus dune occasion. Dautre part, une organisation ecclésiale qui souligne seulement sa structure hiérarchique court également à sa perte. Quand on dit leadership, on inclut le pouvoir et lautorité. Il est facile duser de manipulation afin que le peuple se mette au service du leader au lieu dinspirer le leader à se mettre au service du peuple (Luc 22 : 24-27) Il faut considérer tout ministère comme un service. Le titre le plus authentique donné au Saint-Père est le suivant : « serviteur des serviteurs de Dieu ». LÉglise demeure constamment tiraillée par deux forces opposées lune vers lextérieur et lautre vers lintérieur. À certaines époques, la poussée vers lextérieur saffirme plus fortement, ce qui permet aux Églises locales plus de latitude pour affirmer leur individualité. En dautres circonstances, on trouve la tendance inverse : une poussée vers lintérieur, ce qui accentue luniformité et lobéissance. Ces deux forces demeurent toujours agissantes et donnent à une Église sa vitalité. Sil arrive quune poussée prenne le dessus sur lautre, tout est perdu. |