EXPERT RELIGIEUX

Notre archevêque, Mgr Marcel Gervais, s'exprime sur une variété de questions liées à la foi. Ces textes ont d'abord été publiés dans le Ottawa Citizen («Ask the religion experts» - une question pour les experts religieux). Ils ont été traduits par M.l'abbé Jacques Faucher.



Ma question porte sur l’enseignement comparatif des religions à l’école. À votre avis, faudrait-il développer davantage cette pratique si elle vient promouvoir la tolérance ou devrait-on l’éviter parce qu’elle pourrait éliminer la foi de certains étudiants?

Dans nos écoles catholiques, on enseigne les grandes religions. Ce cours obligatoire au niveau de la 11e année présente le protestantisme, le judaïsme, l’islam, le bouddhisme, l’hindouisme, la religion sikh. On y utilise un manuel reconnu publié par les Presses de l’Université d’Oxford intitulé World Religions, The Canadian Perspective.

Quelques parents se demandent s’il est sage d’enseigner ces religions à nos étudiants. Nous estimons par contre que s’abstenir d’enseigner les grandes religions nous rendrait vulnérable à l’accusation de promouvoir une perspective étroite et sectaire. En tant qu’éducateurs, il nous incombe de conserver une perspective vigoureusement « catholique », ce qui veut dire universelle, dans ce domaine comme ailleurs, ce qui inclut les religions. Il ne serait pas bénéfique d’enseigner seulement notre foi, en négligeant de renseigner suffisamment les étudiants sur le contenu des autres religions – ce qui leur permet de connaître la foi des autres. Voilà le fruit de notre expérience. L’ensemble des étudiants et des parents a reconnu le mérite de cette approche. On y apprécie un moyen de promouvoir la tolérance et l’harmonie au sein des communautés et dans notre pays.

Plusieurs de nos écoles proposent en plus la visite d’une synagogue, d’une mosquée et/ou d’un temple. On nous y offre toujours une cordiale hospitalité. Ce geste compte beaucoup pour nos jeunes; ce genre de visite permet de découvrir concrètement les croyances religieuses d’autrui ainsi que les lieux de culte où les communautés se rassemblent dans la prière. On ne peut que souligner la richesse de ce type de contact, au plan intellectuel comme au plan de l’expérience.

Nos veillons à bien préparer nos enseignants responsables de ces cours touchant les autres religions; ils ont en main cet excellent manuel préparé avec l’aide professionnelle venant de ces grandes religions du monde, y compris la nôtre. Quant à l’expérience menée dans les écoles publiques en ce domaine, je ne peux pas me prononcer sur l’influence que pourrait avoir les cours de religions comparées sur les étudiants.