EXPERT RELIGIEUX

Notre archevêque, Mgr Marcel Gervais, s'exprime sur une variété de questions liées à la foi. Ces textes ont d'abord été publiés dans le Ottawa Citizen («Ask the religion experts» - une question pour les experts religieux). Ils ont été traduits par M.l'abbé Jacques Faucher.



Que propose votre groupe religieux en ce qui a trait au don d’organes? Encouragez-vous vos membres à envisager un tel don pour le bien de l’humanité?

Au cours des dernières décennies, l’évolution de la transplantation d’organes a constitué un grand pas en avant dans le service que la recherche médicale offre à chacun d’entre nous. À notre époque, plusieurs personnes peuvent affirmer à bon droit qu’elles doivent leur vie à une transplantation d’organe. Un des objectifs fondamentaux de la médecine demeure le service qu’elle apporte au bien-être de la vie humaine. Dans cette perspective, on doit envisager les transplantations d’organes comme un véritable progrès.

Le pape Jean-Paul II a abordé ce sujet dans sa lettre encyclique Evangelium Vitae Il y suggère qu’un des moyens de promouvoir une authentique culture de la vie est précisément le don d’organes accompli d’une manière respectueuse de l’éthique. Ce geste a pour objectif d’offrir une chance de santé et même de vie au sens propre en faveur de personnes malades qui parfois n’ont aucun autre espoir (no 66). Le Saint Père souligne qu’il faut prendre en considération les normes éthiques, comme dans tous les domaines rattachés au respect de la vie.

Dans ce domaine de la transplantation d’organes, il nous vient à l’esprit des questions touchant la commercialisation d’organes humains, l’exigence d’un consentement éclairé, la répartition de ces organes donnés. À fortiori, le prélèvement d’organes vitaux (ceux qui demeurent uniques dans l’organisme humain) ne peut être permis avant le moment de la mort naturelle d’une personne – ce qui doit être vérifié. Évoquons encore toute la question délicate de l’attribution des organes prélevés, là où l’offre ne peut répondre à la demande. Nous croyons que tout ce processus doit être protégé de toute tentative de discrimination qui impliquerait des considérations d’âge, de sexe, de race, de religion, de statut social, de rendement au travail, d’utilité sociale – ou d’autres critères de ce genre. Quand on aborde cette perspective, on touche aussitôt à la valeur que nous accordons à chacune des personnes, sans exception.

Une fois envisagées toutes ces considérations éthiques, nous ne devrions pas hésiter à considérer les transplantations d’organes comme une option. C’est à chaque individu que revient cette décision; on doit éviter ici toute forme d’ingérence externe ou de pression. Dans ce domaine, reconnaissons une nouvelle façon d’utiliser les dons que Dieu accorde à chacun de nous à travers l’évolution des pratiques médicales, en vue d’améliorer et de soutenir la vie.