EXPERT RELIGIEUX

Depuis cinq ans déjà, notre archevêque, Mgr Marcel Gervais, s'exprime sur une variété de questions liées à la foi. Ces textes ont d'abord été publiés dans le Ottawa Citizen sous la rubrique «Ask the religion experts» . Ils sont traduits par M.l'abbé Jacques Faucher. À compter du mois de juin 2005, Mgr Patrick Powers, Vicaire général, assumera cette responsabilité.



Est-ce que votre groupe a des objections d’ordre théologique ou autre à la fête de Halloween?

Pour beaucoup de gens, Halloween est devenue une occasion de fêter et de permettre aux enfants de s’amuser. Pour les entreprises de commerce, c’est surtout une occasion en or!

Quelques leaders religieux ont condamné cette célébration à cause de son caractère de festival païen, une sorte de culte rendu au démon et à d’autres esprits, rite transposé d’une époque ancienne à nos jours. La plupart des dirigeants catholiques n’adoptent pas ce point de vue extrême. Certains se contentent d’ignorer tout simplement cette date au calendrier. La plupart évoquent surtout son caractère sacré à la veille de la Toussaint. D’autres enfin y reconnaissent une occasion pour les enfants de « domestiquer les esprits mauvais ».

Pour tout dire, la célébration de Halloween nous offre un exemple d’un processus par lequel des fêtes chrétiennes ont été instituées au calendrier il y a longtemps pour « sanctifier » des cérémonies païennes anciennes. Les Druides avaient l’habitude de célébrer la moisson et le début d’une nouvelle saison en vénérant les dieux du jour (la vie) et de la nuit (la mort) en ce 31 octobre. Cette pratique semble avoir été transformée en la vigile de la Fête de Tous les Saints (« All Hallows’ E’en dans la langue anglaise d’autrefois). L’Église a commencé à célébrer cette fête au 8e siècle; celle-ci demeure toujours inscrite au calendrier liturgique.

En raison de l’évolution des coutumes contemporaines, Halloween n’est pas une fête chrétienne et ne devrait pas être envisagée dans cette optique. Laissons les gens s’amuser en toute innocence. J’invite tous les croyants à célébrer la fête de la Toussaint (le 1er novembre) et la fête de la Commémoraison de tous les fidèles défunts (le 2 novembre) dans une perspective chrétienne. Ces fêtes soulignent que la mort ne constitue pas une défaite mais devient le passage vers une vie nouvelle. La mort elle-même n’évoque pas simplement la peur mais aussi la sainte promesse du salut.