Pourquoi tant de leaders religieux souffrent-ils pour leur foi? Dun point de vue chrétien, si notre ministère a quelque valeur, il nous faut endurer la souffrance. Notre ministère exige que nous exercions la compassion ce qui implique quil faut savoir ce que souffrir veut dire. Comment pouvons-nous témoigner de la sympathie à légard de la faiblesse humaine et de langoisse si nous navons jamais traversé une épreuve plus déchirante que celle de nous casser un ongle. Jésus lui-même a pris soin de nous prévenir à cet égard. À moins de porter notre croix à la suite de Jésus, nous ne pouvons même pas devenir un de ses disciple encore moins un leader pour les disciples. Quel leader peut éviter le défi crucial de bien discerner les problèmes qui se posent entre les personnes, entre les idées anciennes et nouvelles, entre le bien et le mal? Cette tâche exigeante de discernement nous force à parcourir avec peine des sentiers rocailleux. Il sagit bien dune véritable souffrance! Il peut arriver souhaitons-le, pas trop souvent que notre devoir nous impose dadopter un point de vue qui va à contre-courant de lopinion publique. Aucun leader ne sengage à la légère sur ce terrain, sans y perdre du sommeil, un certain nombre de paroissiens et la paix de lesprit. Il nous arrive de prononcer une remontrance à lendroit de certaines personnes ou dun groupe. Un tel geste nous oblige à interroger notre cur, à en déraciner toute forme de vengeance ou de haine. La croix dun leader, au cur de son activité quotidienne, consiste à garder bien vivant et solide le lien de lunité au sein de sa communauté (les individus et les groupes). Cette tâche vous oblige à vous placer dans la peau des autres. Il arrive souvent que les autres se donnent le droit de vous injurier; et vous avez lobligation dendurer ou de subir cette confrontation sans perdre votre sang-froid. La patience demeure une vertu remarquable mais elle ne prévient pas les maux destomac. Même si on nexerce pas la fonction de leader, il suffit dappartenir à la race humaine pour faire lexpérience dune bonne dose de souffrance. Cest la vie qui inflige des croix; apprendre à aimer constitue déjà un tourment. Nous devons tous nous attendre à devoir porter ces croix et bien dautres encore pour donner du prix à notre existence. (Nayez crainte, ce chemin comporte aussi assez de satisfactions à mettre dans la balance). |