EXPERT RELIGIEUX

Notre archevêque, Mgr Marcel Gervais, s'exprime sur une variété de questions liées à la foi. Ces textes ont d'abord été publiés dans le Ottawa Citizen («Ask the religion experts» - une question pour les experts religieux). Ils ont été traduits par M.l'abbé Jacques Faucher.



Est-ce que la foi peut trouver sa place en milieu de travail? Si oui, comment agir?

S’agit-il ici de faire du prosélytisme? Surtout pas! Parle-t-on alors de garder sa foi présente dans son esprit, son âme, sa conduite, son exemple? La réponse est oui. Pour tout dire, on ne peut s’empêcher d’arriver en milieu de travail en faisant abstraction d’une expérience aussi personnelle, aussi profonde que sa propre foi. Cette expérience nous habite, elle voyage avec nous.

Comment agir? Personne ne souhaite se faire intimider, personne ne veut se faire bousculer, personne ne veut se faire tordre le poignet pour accepter la foi d’un collègue de travail. Si vous êtes en compagnie de personnes de votre propre groupe religieux, vous disposez évidemment d’une liberté qui se voit limitée en compagnie d’autres groupes. J’aime invoquer ici le bon vieux dicton anglais toujours pertinent : « The proof of the pudding is in the eating ». Transposons : « C’est à l’œuvre qu’on reconnaît l’artisan ». En milieu de travail, les gens peuvent vous voir à l’ouvrage; ils sont témoins de la qualité de vos convictions, de vos engagements. Voilà en bref le type de rayonnement qui fait de vous un « porte-parole » en tant que croyant.

Soulignons encore une autre manière d’agir comme un croyant dans un milieu de travail. J’évoque ici le soin apporté à votre ouvrage, sa qualité, son environnement et la justice qu’il met en œuvre. Prenez-vous le temps d’envisager votre travail comme une manière de collaborer à la construction de notre monde? Dans une perspective chrétienne, votre travail constitue une participation à l’œuvre rédemptrice du Christ. En tant que disciple du Christ, vous pouvez envisager votre travail comme une action orientée vers l’avènement final du royaume de gloire. De plus, sur les pas de Jésus, vous acceptez la souffrance physique et mentale souvent associée au travail comme un moyen de sauver votre propre vie.

Quand on parle de « travail », on ouvre la porte à toute une série de questions. De plus en plus, certaines personnes doivent accepter d’accomplir des tâches ingrates, de véritables corvées. Il faut nous engager à rendre toute forme de travail digne des êtres humains que nous sommes.