EXPERT RELIGIEUX

Notre archevêque, Mgr Marcel Gervais, s'exprime sur une variété de questions liées à la foi. Ces textes ont d'abord été publiés dans le Ottawa Citizen («Ask the religion experts» - une question pour les experts religieux). Ils ont été traduits par M.l'abbé Jacques Faucher.



Quelle influence votre foi exerce-t-elle dans la protection de notre patrimoine culturel?

L’Église est très impliquée dans la promotion de notre patrimoine national, au plan général de la société. Tout ce qui aide à identifier un territoire, une nation ou une région contribue à enrichir toute l’humanité; ces richesses culturelles permettent à un groupe de dialoguer avec les autres groupes à partir de valeurs reconnues dans la société.

Il existe à Rome un organisme spécialement consacré à veiller à la préservation de tous les éléments chrétiens significatifs dans chaque groupe ethnique ou chaque regroupement religieux. Le Conseil pontifical de la culture a été créé pour promouvoir la protection des trésors culturels de l’Église; il veille également avec soin à la préservation de tout ce qui est noble, beau, signifiant, respectueux de la dignité humaine.

L’Église reconnaît aussi le rôle des églises locales dans ce domaine et les encourage à exercer leur responsabilité pour conserver non seulement les archives mais aussi tout élément qu’on peut classer sous la désignation du patrimoine. La plupart de ces éléments sont conservés dans des édifices, des églises ainsi que dans des bibliothèques et des musées en ce qui touche les peintures et les sculptures. Tout au long des siècles, l’Église a reconnu l’importance de préserver notre propre patrimoine chrétien, sans oublier l’ensemble du patrimoine commun de l’humanité. Il suffit de visiter le Musée et la Bibliothèque du Vatican pour se convaincre du sérieux de cet enjeu aux yeux des papes et des responsables de l’Église.

Dans notre pays, un problème se pose de manière pressante à ce sujet. Plusieurs de nos églises les plus admirables sont menacées de sous utilisation; en conséquence, elles ont besoin d’un soutien financier. À une certaine époque, le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux apportaient leur appui dans ce domaine. Malheureusement, ce n’est plus le cas à l’heure actuelle. Nous en sommes tous perdants.