EXPERT RELIGIEUX

Depuis cinq ans déjà, notre archevêque, Mgr Marcel Gervais, s'exprime sur une variété de questions liées à la foi. Ces textes ont d'abord été publiés dans le Ottawa Citizen sous la rubrique «Ask the religion experts» . La traduction est faite par M. Gilles Ouellette d.p. À compter du mois de juin 2005, Mgr Patrick Powers, Vicaire général, assumera cette responsabilité.



Si Dieu est Amour et toute-puissance, pourquoi a-t-il exigé que son Fils meure d'une mort aussi affreuse?

La mort violente du Christ n'a pas été le résultat d'un certain hasard émanant d'un concours de circonstances malencontreuses, mais elle fait partie du mystère du plan de Dieu. En offrant son Fils en rémission pour nos péchés, Dieu nous rend manifeste son plan pour nous, plan d'amour empreint de bienveillance, qui précède tout mérite de notre part. Nous retrouvons, en la crucifixion du Christ, l'expression ultime de l'amour de Dieu pour nous. Dans l'Évangile selon Jean (I Jn 4,10), nous pouvons lire que Dieu a envoyé son Fils pour que, grâce à lui, nos péchés soient pardonnés.

Jésus n'a pas connu la réprobation comme si lui-même avait péché. Dieu a donné son Fils pour nous, afin que, par sa mort, nous puissions être réconciliés avec Lui. Nous ne croyons pas que Dieu ait exigé que son Fils meure ainsi, mais nous croyons qu'il a permis un tel déroulement afin que son plan de rédemption soit accompli, tel que nous pouvons le lire dans le Catéchisme de l'Église catholique au numéro 599.

La mort du Christ est à la fois sacrifice pascal par lequel s'accomplit la rédemption définitive de toute l'humanité par l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde et, aussi, le sacrifice de la Nouvelle alliance qui rétablit la pleine communion de l'humanité avec Dieu, en la réconciliant avec Lui par le sang de l'agneau pour le pardon des péchés, tel que mentionné dans l'Évangile selon Matthieu. Le Christ, dans les Écritures, avait annoncé sa mort, en disant qu'Il devait souffrir sa passion et sa mort avant d'être élevé en pleine gloire.

La mort du Christ n'a pas été que source de salut; elle nous a aussi révélé que Dieu est avec nous et pour nous. La croix, elle, est devenue signe et personnification même de cet amour. En réponse à ceci, nous devons suivre le Christ et l'imiter dans tout ce que nous faisons, en acceptant, au jour le jour, nos propres croix.