On suggérait récemment que le Canada devrait adopter une politique de 'supposition de consentement' pour les dons d'organes. Au lieu de signer une carte pour opter pour le don d'organes, les gens auraient à indiquer qu'ils ne veulent pas faire don de leurs organes. On supposerait alors le consentement de ceux et celles qui n'auraient rien signalé par écrit pour des dons, advenant un accident ou toute autre circonstance où le consentement verbal serait impossible. Quelle est l'opinion de votre groupe religieux à ce sujet et au sujet des dons d'organes en général? Je veux d'abord exprimer notre opinion face à la question 'en général' puis je parlerai plus spécifiquement de la question du consentement. La transplantation est un pas majeur franchi par la science au service de l'humanité et plusieurs personnes sont encore en vie grâce aux transplantations d'organes. De plus en plus, les techniques de transplantation s'avèrent des moyens valables permettant d'atteindre le but premier de la médecine: un service en faveur de la vie humaine. Voilà pourquoi le pape Jean-Paul II, dans son encyclique Evangelium Vitae, mentionnait que parmi les gestes qui permettent de favoriser une véritable culture de la vie, 'il faut particulièrement apprécier le don d'organes, accompli sous une forme éthiquement acceptable, qui permet à des malades privés d'espoir de nouvelles perspectives de santé et même de vie', (no 86) L'Église catholique considère la question du don d'organes par un individu en vue d'une transplantation, après la mort, comme: 'un geste noble et méritoire qui doit être encouragé comme étant un acte généreux de solidarité'. Par ailleurs, au numéro 2296 de notre Catéchisme, on souligne qu'afin que ce geste soit moralement acceptable, le donateur ou son mandataire, doit y avoir donné son 'consentement éclairé'. Quoique nous sommes encouragés à faire don de nos organes après la mort, le consentement demeure essentiel. Voilà pourquoi j'espère que ce système de 'désignation négative' ne soit pas mis en oeuvre. Je suppose que l'on croit qu'un tel système mènerait à une augmentation d'organes disponibles pour la transplantation. Toutefois, je soupçonne qu'une publicité adéquate convaincrait plusieurs individus à donner leur consentement. Je me rappelle qu'au moment de renouveler ma carte de santé il y a quelques années, on me demandait de remplir une section au sujet des dons d'organes. Puisque tous les citoyens et citoyennes ont une carte de santé, ils - ou leurs tuteurs ou tutrices- pourraient donner leur consentement. Ainsi, le plus grand nombre possible de donateurs et donatrices pourraient être encouragés tout en respectant notre besoin de voir un consentement éclairé de leur part. |