EXPERT RELIGIEUX

Notre archevêque, Mgr Marcel Gervais, s'exprime sur une variété de questions liées à la foi. Ces textes ont d'abord été publiés dans le Ottawa Citizen («Ask the religion experts» - une question pour les experts religieux). Ils ont été traduits par M.l'abbé Jacques Faucher.



Comment expliquez-vous le fait que des traditions religieuses différentes, y compris le judaïsme, le christianisme et l’islam étroitement liés, se distinguent en ce qui touche la nature de Dieu et ses attentes face à l’humanité?

C’est Dieu qui a voulu se révéler à nous. Il l’a accompli de manières variées, très diverses. On trouve, hier et encore aujourd’hui, certaines manifestations du visage de Dieu dans la nature. Il suffit d’évoquer dans ce domaine la beauté merveilleuse de la vie sous toutes ses formes. À l’intérieur des principales expériences culturelles de l’humanité, on retrouve des manières diverses d’interpréter ces manifestations divines. Un grand nombre de celles-ci demeurent présentes à travers le monde de nos jours.

Au cours des âges, il devint clair pour le Peuple choisi qu’il n’y avait qu’un seul Dieu et non plusieurs. De plus, ce Dieu ne se manifestait pas seulement dans la nature mais encore, et de manière dramatique, en intervenant dans l’histoire. Évoquons ici l’événement de l’Exode causé par un fort vent d’est ou par le partage de la mer en deux parts. Cet Exode permit aux fils d’Israël de faire l’expérience de la libération de l’esclavage qu’ils subissaient en Égypte. Par la suite, Dieu leur fit connaître ses commandements : se comporter envers les autres tout comme Dieu s’était comporté envers eux-mêmes.

Il fallut des siècles au Peuple choisi pour apprécier et approfondir les richesses de cette révélation divine. Arriva le jour où l’un des siens, nommé Jésus, se fit connaître comme l’envoyé du Père. Il venait révéler aux siens tout ce que le Père désirait leur faire connaître, à son peuple en premier lieu, et ensuite à toutes les nations. Ce message se heurta au refus d’un grand nombre; certains de leurs chefs religieux le rejetèrent catégoriquement. Jésus fut tué.

Nous chrétiens croyons toutefois qu’il se leva d’entre les morts, vivant pour toujours. Voici précisément le point de démarcation. Les juifs ne reconnaissent pas que Jésus est le Messie. Nous touchons ici le point de partage entre la foi juive et la foi chrétienne.

Plusieurs siècles s’écoulèrent. Vint un autre homme, profondément religieux, qui incorpora une bonne part de l’enseignement de Jésus dans ses écrits. Mahomet pouvait voir en Jésus un grand prophète; mais il ne pouvait pas reconnaître sa divinité. Les musulmans, disciples de Mahomet, tiennent le même langage. Ajoutons que les juifs, les chrétiens et les musulmans affirment qu’il n’y a qu’un seul Dieu et qu’il est miséricordieux.