Que vous enseigne votre foi à propos de la vengeance et du pardon? On trouve dans la Bible des exemples de vengeance qui nous scandalisent encore aujourdhui : mentionnons le traitement infligé aux Amalécites (1 Samuel, 15). Dautre part, on trouve dans la Bible, étape par étape, une distanciation par rapport à la vengeance. Isaïe entrevoit à lhorizon un serviteur souffrant du Seigneur qui subit la persécution, qui ne recherche pas la vengeance, qui est récompensé par Dieu pour son obéissance à la volonté divine (Isaïe, 52-53). Jésus, notre Seigneur, incarne tout à fait cet idéal. Il a accepté de subir une souffrance atroce plutôt que de chercher à se venger. Du haut de la croix, il a prononcé ces paroles : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce quils font ». La plus haute forme de pardon consiste à trouver des excuses à ses adversaires. Il est facile de pardonner si nous aimons la personne visée dans ce geste de compassion. Au contraire, quand on est confronté à la haine, il est difficile de vraiment pardonner du fond du cur aux personnes qui nous ont offensés. Au plan humain, ceci demeure presque impossible. Cest sur ce point précis que lEsprit entre en jeu. Avec le soutien de lEsprit, comme lenseigne notre foi, il nous est possible de pardonner, du fond du cur, même à ceux qui nous ont offensés. Laissés à nos propres forces, nous estimons que nous ne pouvons que nous enfoncer dans la haine ce qui contribue à entretenir le cycle de la vengeance. Ceci demeure vrai surtout dans le cas de conflits entre les tribus, les groupes ethniques et les nations. Un génocide devient une expression de la conclusion logique qui simpose quand on cède à la haine. Dans des situations de conflit, promouvoir la paix et le développement devient possible uniquement dans un contexte de pardon. Citons le pape Jean Paul II : « La capacité de pardonner demeure à la base dune société future empreinte de justice et de solidarité La paix demeure essentielle au développement, mais la paix authentique demeure possible seulement grâce au pardon » (janvier 2002). |