EXPERT RELIGIEUX

Notre archevêque, Mgr Marcel Gervais, s'exprime sur une variété de questions liées à la foi. Ces textes ont d'abord été publiés dans le Ottawa Citizen («Ask the religion experts» - une question pour les experts religieux). Ils ont été traduits par M.l'abbé Jacques Faucher.



En faisant abstraction des citations bibliques ou scripturaires, qu’est-ce que votre religion affirme touchant la vie après la mort?`

Nous croyons que nous sommes éternels, à partir du premier moment de notre existence. Chacun de nous est une personne unique – sans aucun double. Nous entreprenons une vie unique; cette existence s’avère éternelle. Quant à la mort, au sein du temps présent, elle ne constitue pas la fin pour aucun de nous. Une fois cette vie terminée, nous poursuivons notre existence. Nous attendons la résurrection de nos corps. Une fois nos corps ressuscités, nous devenons à nouveau des personnes complètes; notre corps et notre âme retrouvent l’unité qui leur était destinée depuis le commencement.

Certaines personnes seront jugées dignes d’être emportées, corps et âme, dans la gloire éternelle. Cette expérience nous rendra capables d’aimer comme nous l’avons toujours souhaité – et nous serons aimés par les autres et par Dieu au sein d’un éblouissement de béatitude qui durera pour toujours. Cette expérience constituera en quelque sorte une transfiguration; nous serons émerveillés par l’amour. Il nous sera possible de voir et de comprendre toute la réalité pour la première fois.

Comme Dieu est miséricordieux, nous croyons qu’il permettra aux personnes de bonne volonté de réparer leurs écarts passés qu’elles regrettent. Le mot « purgatoire » désigne ce temps de purification accordé aux gens qui sont sauvés. Ce « purgatoire » aura une fin et nous entrerons dans la gloire – une gloire retardée mais non moins authentique.

D’autre part, il y aura des personnes qui vivront pour toujours plongées dans un désespoir sans fin, parce qu’elles auront gaspillé leur capacité d’aimer. Ces personnes se sont repliées dans la satisfaction de leurs propres désirs; elles ont aussi utilisé les autres pour leur propre satisfaction. On peut vraiment parler d’un « enfer » quand on en est réduit à se regarder soi-même en face pour toute l’éternité.